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Les angas sont le quatrième piliers de la sadhana  (ce qu'il faut faire) de La Voie. ils sont destinés à vous permettre d'accomplir votre destinée spirituelle. A lire attentivement pour les pratiquant : c'est la base. Ces recommandations peuvent aussi être suivies par une personne étrangère à La Voie, quand  il ne s'agit pas des techniques de méditation de La Voie.

 

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Les angas sont les deux derniers chapitres

du "Livre de La Voie"

 

 

 

Chapitre 4

Les angas de l'agya

 

4.1 : première partie, les Yamas

(devoirs vis-à-vis des autres)

 

Introduction


 


4.1.1

 

Les angas sont le quatrième pilier de La Voie.

 

 

4.1.2

 

L'existence est un chemin*, avec un début et une fin.

 

* Chemin : voie spirituelle, sadhana. Krishna disait « la connaissance », nous parlons de « La Voie », Lao-Tseu disait « tao ». Ce mot était utilisé à la fois pour parler du but, le « Tao »(avec un « C » majuscule), l'Unité ou, comme disait Jésus, du Royaume et pour parler du chemin, qui mène à ce but, la pratique spirituelle (le « tao », avec un « c » minuscule). C'est la raison pour laquelle il est habituel de dire, en parlant de « La Voie », « Qu'elle est en même temps le chemin et le but ».

 

 

4.1.3

 

La vie vous est donné pour une raison qui dépasse vos raisons de vivre. Connaître cette raison et ne pas en tenir compte est le signe que tamas* domine votre nature.

 

* Tamas : un autre des trois gunas, l'obscurité, les ténèbres, l'ignorance, le faux-ego, la lourdeur, l'inertie.

 

 

4.1.4

 

Sachez qu'il n'y a pas que la jouissance du plaisir des sens et de leurs objets. Sachez qu'il vous faut connaître la raison de votre vie et en tenir compte. Cette conscience et sa prise en compte, est le signe que sattva* domine votre nature.

 

* Sattva : un des trois gunas, l'harmonie, la lumière et la vérité.

 

 

4.1.5

 

La paix vient pour celui qui se plie à ses devoirs.

 

 

4.1.6

 

Assume tes devoirs, sans chercher à les fuir et sans être lié ni par le succès ni par l’échec, c'est ta liberté.

 

 

4.1.7

 

Les êtres vivent grâce à la nourriture qui dépend des pluies et les pluies coulent par la Grâce. La conscience de la Grâce vient aux Hommes qui s’acquittent de leurs devoirs

 

 

4.1.8

 

Les devoirs sont donnés par la connaissance* et la connaissance vient de la conscience de l'Unité.

 

* La connaissance : non-apprise ou vijnana.

 

 

4.1.9

 

En accomplissant son devoir l'ignorant* s'attache aux fruits de son labeur. L'initié, pratiquant la vraie voie ; agit lui aussi, mais sans attachements, dans le seul but de rester sur La Voie juste.

 

* L'ignorant : celui qui n'a pas la connaissance (non-apprise), qui n'a pas eu la Révélation et qui ne peut pas pratiquer le non-agir (service).

 

 

4.1.10

 

Celui qui remplit son devoir, en observant une juste sadhana, libéré de ses désirs, celui-là se libère des chaînes des conséquences*.

 

* « Chaînes des conséquences » : le karma.

 

 

4.1.11

 

Mieux vaut s'acquitter de son devoir propre, même de manière imparfaite, que d'assumer celui d'un autre, même pour l'accomplir parfaitement.

 

 

4.1.12

 

Marche sur les traces des anciens et remplis ton devoir en conscience de l'Unité*.

 

* « En conscience de l'Unité » : ici on parle du service, un des piliers de l'agya, qui est le « non-agir » du « Tao-Te-King »n et le « service de dévotion », « ou l'abandon du fruit de ses actes » du chant de l'éveillé, ou Bhagavad-Gîtâ ce qui consiste à pratiquer la technique dite « du Saint-Nom », tout en s'occupant de ses affaires, tout au long de la journée.

 

 

4.1.13

 

De même que l'eau ne mouille pas les feuilles de lotus, l'action n'affecte pas celui qui s'acquitte de ses devoirs en restant conscient de l'Unité.

 

 

4.1.13

 

Béni celui qui s'acquitte de ses devoirs, détaché des fruits de ses actes et non celui qui ne fait rien.

 

 

4.1.14

 

Ce qu'est ton devoir et ce qu'il n'est pas, sache donc le déterminer à la lumière de la connaissance*, par elle agis de manière à approfondir ta conscience de l'Unité.

 

* La connaissance : ce mot signifie ici, non pas la pratique mais cette connaissance intime (vijnana) de l'harmonie fondamentale du Saint-Nom.

 

 

 

Ahimsa : ne pas nuire


 

4.1.15

La violence exprimée, sans raison, contre autrui, montre la domination de l'être par tamas*, siège de la paresse, des ténèbres et de l'ignorance.

 

* Tamas : un des trois gunas, l'obscurité, les ténèbres, l'ignorance, la confusion, le faux-ego, l'inertie, la lourdeur, la passivité, la paresse.

 

 

4.1.16

 

«Ahimsà* » est le respect de la vie. Fruit de la lumière et de la vérité, il favorise la parfaite conscience de la béatitude*.

 

* Ahimsà : c'est le fait de ne causer aucune nuisance. C'est aussi la non-violence et la bienveillance.

* « La parfaite conscience de la béatitude » : satçitananda. Jésus donnait, à cet état de conscience, le nom de « Royaume ».

 

 

4.1.17

 

Si un innocent est injustement la victime de violences et que vous êtes en mesure de le défendre, faites-le, même en usant de la force si nécessaire, laissant ainsi rajas* prendre le dessus de votre nature. Cette force est alors légitime.

 

* Rajas : un des trois gunas correspondant à la passion, à la force, à l'énergie, au désir, à la nature animale. C'est le rôle de rajas, justement, d’œuvrer quand l'énergie et la force sont nécessaires.

 

 

4.1.18

 

La violence peut aussi être dans les paroles que l'on dit et dans la négligence, l'injustice, la trop grande sévérité vis-à-vis d'autrui. Le sage traite tout le monde de la même façon, non pas selon le mérite de chacun, mais comme son devoir lui impose de faire. Il ne fait pas de reproches inutiles, préférant l'encouragement à l'expression de vérités blessantes.

 

 

4.1.19

 

Le sage, fermement installé dans l'harmonie du Saint-Nom, renonce à répondre à l'agressivité, sauf s'il en va de sa sécurité ou de celle d'une victime.

 

 

4.1.20

 

Le sage préfère la bienveillance à ses propres concepts et avis. Il ne cherchera pas à prouver la valeur de ses arguments au prix de violences faites à autrui.

 

 

4.1.21

 

La rancune, le ressentiment et la vengeance montrent que votre nature est soumise à tamas, où sont les ténèbres et l'ignorance.

 

 

4.1.22

 

L'absence d'arrogance, l'humilité, la modestie et la prudence calment rajas* et favorisent sattva*, où sont la lumière et la connaissance.

 

* Rajas : un des trois gunas, l'animalité, la passion et la force.

* Sattva : un autre des trois gunas, où règnent la lumière, la connaissance, la spiritualité.

 

 

4.1.23

 

Observer la sadhana* de la connaissance, suivre l'enseignement de son maître et respecter tous ceux qui sont au-dessus de nous, tels le père et la mère ; privilégier la pureté*, la simplicité, la tempérance et la non-violence, voilà ce qu'on appelle l'Observance.

 

* Observer la sadhana : c'est le fait de suivre assidûment les différentes pratiques et règles morales qui font une voie spirituelle.

* La pureté : ici ce mot est employé pour parler de l'activité sexuelle, c'est un appel à la tempérance pour tous et à la chasteté pour certains.

 

 

4.1.24

 

Un acte accompli dans l'inconscience et l'égarement, sans considérer ses conséquences, qui fait violence à autrui ou qui s'avère irréaliste, cet acte relève des ténèbres de l'ignorance*.

 

* L'ignorance : actes influencés par le guna tamas.

 

 

4.1.25

 

Parler vrai, avec bienveillance*, éviter les mots blessants, ainsi que méditer sur le son qui se répète*, telles sont les règles pour ce qui est de la parole.

 

* Bienveillance : la bienveillance est une des vertus de l'Ahimsa, la non-violence.

* « Le son qui se répète » : Tat Japah (tadarthabhavanam). Dans le yogasûtra, livre premier, aphorisme 28, il est question de ce « son qui se répète ». En général la traduction de « tat Japah » est « répéter, psalmodier ce son » ou « psalmodier le Ôm », or cet aphorisme devrait se traduire ainsi : «  La méditation sur ce son qui se répète est la méditation sur Ishvara » Ou Saint-Nom (c'est le son qui se répète et qui n'est pas un mantra).

 

 

4.1.26

 

Les obstacles à la Libération, comme les actes violents, peuvent être volontaires ou non, motivés par la colère ou l'intérêt personnel. Petits ou grands, ils mènent sans faillir A la souffrance de l'ignorance. Pour surmonter ces obstacles il faut se tourner vers l'intérieur où ils sont impossibles.

 

 

 

Satya : ne pas mentir, la réalité


 


4.1.27

 

Que la véracité* soit le guide de vos propos, mais que jamais elle ne passe avant la bienveillance. La véracité ne s'exprime jamais au détriment de la paix et de la bienveillance.

 

* La véracité : « satya » (ce qui conduit vers « sat », la perfection de la vérité). « Satya » est une des cinq observances morales de « yama », le contrôle de soi, premier « anga » (membre) de « l'agya ».

 

 

4.1.28

 

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Avant de parler, pensez à l'autre et au mal que vos propos peuvent lui faire. Le mal que l'on fait n'est jamais un bien.

 

 

4.1.29

 

Le sage admoneste sans blesser, conseille sans vexer, redresse sans contraindre, éclaire sans éblouir.

 

 

4.1.30

 

Le dévot qui garde sa conscience en vérité ne peut mentir. S'il ment quand même il ne pourra rester dans la conscience de la béatitude.

 

 

4.1.31

 

Mieux vaut le silence que le mensonge.

 

 

4.1.32

 

Ne pas dire la vérité n'est pas mentir si la vérité est cause de souffrance pour un innocent. L'ahimsà prend toujours le pas sur satya.

 

 

4.1.33

 

La véracité n'est pas la vérité. La véracité est le contraire de la fausseté, de l’inexactitude, mais la vérité n'est pas le contraire du mensonge. La vérité est l'Unité, créatrice de toutes choses et satya n'est pas la vérité, mais la véracité, l'honnêteté qui mènent à la perfection. La bienveillance prime sur la véracité.

 

 

 

Asteya : ne pas voler, l'intégrité

 

 

 

4.1.34

 

Ne vous appropriez jamais ce qui appartient à autrui. Donnez à ceux qui en ont besoin ce qui vous appartient et qui ne vous sert pas.

 

« Asteya » ou « absence de vol », correspond plus au fait de maîtriser ses désirs, ses besoins afin de se contenter du nécessaire, laissant ainsi aux autres de quoi satisfaire leurs besoins. Asteya peut aussi s'associer à « samtosa », (une des cinq vertus de niyama, le second anga de La Voie) qui est la modération, le contentement de peu et la satisfaction.

 

 

4.1.35

 

L'intégrité est une vertus de celui qui est sur la voie de la réalisation-spirituelle.

 

 

4.1.36

 

L'intégrité et un devoir vis-à-vis des autres et de soi.

 

 

4.1.37

 

L'intégrité est aussi l'absence de mauvaises intentions.

 

 

4.1.38

 

Ce que vous possédez en trop a été volé à ceux qui n'ont pas assez.

 

 

4.1.39

 

Les désirs sans freins mènent à posséder plus que nécessaire et à voler le nécessaire à ceux qui n'ont pas assez pour vivre.

 

 

4.1.40

 

Si vous n'avez pas besoin de quelque chose, donnez-le à celui qui en a besoin, le garder serait un vol.

 

 

4.1.41

 

C'est ainsi que le sage peut garder le contrôle du désir, condition de la Réalisation.

 

 

4.1.42

 

Ne confondez pas le besoin et le désir. Le besoin est légitime et doit-être satisfait.

 

 

4.1.43

 

Ne confondez pas le plaisir et le désir. Si vous avez faim, il y a plaisir à manger et ce plaisir est légitime, mais si vous désirez la succulence d'un met dont vous n'avez pas besoin, le plaisir de le manger ne sera pas légitime.

 

 

4.1.44

 

Le plaisir est une chose agréable, ni bonne ni mauvaise, mais le désir, sans besoin, est un obstacle à l'accomplissement de votre vie.

 

 

 

Brahmacharya : vie pure

 


 

4.1.45

 

Soyez sobre* dans vos relations aux autres, restez maître de vous.

 

* Sobre : la sobriété est « samtosa », une des cinq vertus de niyama.

 

 

4.1.46

 

Aller méditer avec, au cœur, une rancune, un ressentiment contre quelqu'un, c'est ajouter à la porte du Royaume, une serrure fermée par une clé est perdue.

 

 

4.1.47

 

La colère mène à la confusion où la conscience se perd.

 

 

4.1.48

 

La frugalité* vient de sattva. Si rajas domine votre nature, travaillez à réduire vos désirs de nourriture, d'alcool, de sucre et de tabac. L’excès éloigne la conscience de l'harmonie.

 

* Frugalité : samtosa (ou la modération, le contentement de peu, la satisfaction, la sérénité) est une des cinq vertus du deuxième anga (niyama), sur La Voie vers la réalisation et la Libération (moksha).

 

 

4.1.49

 

Pour certains, il est nécessaire de réduire l'union charnelle, qu'elle ne prenne pas plus de temps que l'Observance des vertus spirituelles, sur le chemin de la Libération. Pour d'autres, cette union charnelle et ses plaisirs seront proscrits. L'abstinence est une force alliée, dans la Réalisation, mais elle doit toujours être librement consentie.

 

 

4.1.50

 

Dominer le désir d'union charnelle est facile au début, mais peut devenir difficile avec le temps. Cette ascèse, librement consentie, apprend le Samyama, la maîtrise nécessaire en méditation. Sans elle, la méditation n'ira pas au delà de dhyana.

 

 

4.1.51

 

Sachez que la plupart des choses qui procurent beaucoup de plaisir sont la plupart du temps porteuses de souffrances, tant pour le corps que pour l'esprit. Voyez pour le sucre, la viande, le gras, les substances excitantes, le chocolat, l'alcool, l'ail.

 

 

4.1.52

 

L'Un est de tous les êtres la semence première, la force exempte de désir et de passion. Il est l'Union charnelle qui n'éloigne pas la conscience de l'Unité.

 

 

 

Aparigraha : la non-avidité

 

 

 

4.1.53

 

Quand vous faites les choses pour autrui, oubliez-vous. Le désintéressement* est le propre de sattva, l'allié de la Réalisation.

 

* Le désintéressement : « Aparigraha », renoncement à la fortune, vœux de pauvreté, absence de convoitise, d'avarice. C'est un des cinq vœux majeurs, un « Mahavrata », de toute spiritualité donnant de l'importance au détachement.

 

 

4.1.54

 

L'altruisme, le désintéressement conviennent et favorisent sattva* dans votre nature

 

* Sattva : le guna de la connaissance (vijnana), de la lumière, de l'harmonie, de la vérité.

 

 

4.1.55

 

Le désintéressement est la graine du détachement. Le détachement est la graine du « non-agir », un des piliers fondamentaux de l'agya*.

 

* Agya : nom donné à la sadhana de La Voie. Une sadhana est l'ensemble de « ce-qu'il-faut-faire », des pratiques d'une voie spirituelle.

 

 

4.1.56

 

Le désintéressement sans la pratique du Saint-Nom* est vain.

 

* La pratique du Saint-Nom : c'est une des quatre techniques de méditation de La Voie, enseignée au cours de la Révélation, qui permet de pratiquer tout en vaquant à ses occupation. C'est l'essence même du « service » ou « non-agir ».

 


 

4.2 : deuxième partie, les niyamas

(Devoirs vis-à-vis de soi)

Sauca : pureté, propreté, honnêteté


 


4.2.1

 

La pureté du corps et de l'esprit développe le détachement vis-à-vis de son propre corps et vis-à-vis de celui des autres

 

 

4.2.2

 

Quand le corps est nettoyé, l'esprit purifié et les sens contrôlés, vient la conscience joyeuse nécessaire à la pleine réalisation.

 

 

4.2.3

 

Vous soigner est la base du respect que vous devez au créateur. Le corps est son temple ; avec l'esprit il permet l'Observance.

 

 

4.2.4

 

Satisfaire tes besoins est un dharma*.

 

* Dharma : sur La Voie, ce mot signifie « devoir-sacré ».

 

 

4.2.5

 

Prendre soin de la santé du corps est un devoir sacré. Mettez en avant la sobriété, la bonne humeur, la sérénité, la détermination et l'ardeur dans l'Observance.

 

 

4.2.6

 

Quand vous le pouvez, veillez à l'hygiène du corps. Une bonne santé donne de l'enthousiasme. La propreté est une des cinq vertus de niyama*.

 

* Niyama : second « anga » de La Voie vers la Réalisation, la Libération, correspondant à la maîtrise de ses désirs, à l'autodiscipline, à l'Observance, à la pratique et à la modération en tout.

 

 

4.2.7

 

L'intégrité est une condition de la vérité et participe de sattva*.

 

* Sattva : un des trois gunas, c'est à dire propriété dont l'interaction produit toutes les formes de la création émanant de la Nature-Originelle (Prakrti).

 

 

4.2.8

 

Ne vous appropriez jamais ce qui appartient à autrui.

 

« Asteya » ou « absence de vol », correspond plus au fait de maîtriser ses désirs, ses besoins afin de se contenter du nécessaire, laissant ainsi aux autres de quoi satisfaire leurs besoins. Asteya peut aussi s'associer à « samtosa », (une des cinq vertus de niyama, le second anga de La Voie) qui est la modération, le contentement de peu et la satisfaction.

 

 

 

Samtosa :

modération,contentement, sobriété

 

 

 

4.2.9

 

L'action ne vous affecte pas, quand vous vous acquittez de vos devoirs en gardant votre conscience dans l'harmonie de l'Unité*.

 

* « En gardant votre conscience dans l'harmonie de l'Unité » : en restant dans le « service », ou le « non-agir » (pour Lao-Tseu). Le service est un des quatre piliers de la sadhana de La Voie (l'agya). Rester dans le service signifie pratiquer une technique de méditation particulière (le Saint-Nom), tout en vaquant à ses obligations, devoirs et occupations ce qui favorise la sérénité et la satisfaction.

 

 

4.2.10

 

Donnez à ceux qui en ont besoin ce qui vous appartient et qui ne vous sert pas.

 

 

4.2.11

 

Le jeu d'argent ne favorise pas la réalisation spirituelle. Il est une manifestation de rajas et vous éloigne de la vérité.

 

 

4.2.12

 

Ne laissez pas votre esprit sous l'emprise irrépressible du désir devenu besoin, comme pour ces substances qui prennent l'ascendant sur votre volonté.

 

 

4.2.13

 

Le plaisir n'est pas une mauvaise chose, c'est le désir qui doit être maîtrisé*.

 

* « Maîtrisé » : cette maîtrise est favorisée par « tapas », la force d'âme

 

 

Tapas :

Observance, ascèse, simplicité

 


 

4.2.14

 

L'indiscipline est un des obstacles sur La Voie vers la réalisation.

 

 

4.2.15

 

Niyama* est une des étapes sur La Voie de Satçitananda*.

 

* Satçitananda : parfaite conscience de la béatitude.

* Niyama : autodiscipline.

 

 

4.2.16

 

Le dharma est prescrit par la connaissance* et la connaissance est directement issue de l'Unité.

 

* La connaissance : ici, ce mot désigne en même temps le principe-divin, la force divine en action (le Saint-Nom) et la pratique-spirituelle, avec son agya (sadhana).

 

 

4.2.17

 

Celui qui ne remplit pas son devoir et qui n'observe pas l'agya, commet une faute, car il existe en vain.

 

 

4.2.18

 

Remplir ses devoirs, observer les piliers de l'agya n'a de sens que si l'esprit reste attaché au Saint-Nom*, se référant à lui du lever au coucher*.

 

* Saint-Nom : en même temps force d'Ishvara et technique de méditation.

* « Se référant à lui du lever au coucher » : pratiquer la technique.

 

 

4.2.19

 

Le non-agir n'est pas le rien faire, c'est agir en gardant la conscience du Saint-Nom. Le sage sait que seule la Grâce ouvre les portes du Royaume, mais durant l'incarnation, il y a des obligations qui doivent être remplies comme il le faut et quand il le faut. Soyez déterminé*.

 

* Déterminé : la détermination est une des cinq vertus (tapas) qui favorisent niyama.

 

 

4.2.20

 

Plus votre soif de paix et de vérité sera grande et plus vous serez abreuvé. Votre ardeur à pratiquer montre combien votre soif est grande.

 

 

4.2.21

 

Sattviques sont la raison, la joie et l'amour. La pulsion vient de rajas. La paresse, la faiblesse et l'attachement sont de tamas. Ne laissez pas la pulsion, la paresse, la faiblesse et l'attachement prendre le dessus de votre nature. La raison devrait toujours guider vos paroles et vos actes.

 

 

4.2.22

 

L'attachement réside avec le plaisir.

 

 

4.2.23

 

Souriez même si vous n'avez pas de raison de sourire. La lumière de votre sourire éclaire ceux qui vous entourent. La bonne humeur est un nectar de longue vie et de bonne santé.

 

 

4.2.24

 

Ne laissez pas le mental sans maître. Les pensées, les émotions en liberté peuvent vous faire oublier le Saint-Nom et vous plonger dans l'obscurité, la tristesse et la peur. Pratiquez le Saint-Nom autant que possible, il gomme les pensées et les émotions au fur et à mesure qu'elles viennent.

 

 

4.2.25

 

Respecter vos devoirs montre que sattva* domine votre nature.

 

* Sattva : un des trois gunas qui font la nature-originelle de l'Homme (la Prakrti) et influencent ses actes. C'est le guna de l'harmonie, de la lumière et de la vérité.

 

 

4.2.26

 

Refuser de remplir un devoir*, parce qu'il est pénible, montre que rajas* domine votre nature.

 

* Devoir : « yama », le premier « anga » sur La Voie.

* Rajas : un autre des trois gunas qui influencent la nature des Hommes, ici il s'agit de celui de l'énergie, de la force, du désir, des passions, des instincts et de l'animalité.

 

 

4.2.27

 

Vous êtes sage de remplir vos devoirs avant tout, sans penser au succès ni à l'échec. Ainsi est La Voie.

 

 

4.2.28

 

Il y a les devoirs vis-à-vis des autres et ceux vis-à-vis de soi, aucun n'est à négliger.

 

 

4.2.29

 

Si vous êtes attaqué avec violence par un être sous l'influence de tamas, usez de la force* pour vous défendre. Se protéger est un devoir.

 

* La force : attribut de rajas, un des trois gunas.

 

 

4.2.30

 

 

Par l'autodiscipline les impuretés sont écartées et le corps, ses sens, fonctionnent parfaitement aidant ainsi à la Réalisation.

 

 

 

Svâdhyâya : connaissance de soi


 


4.2.31

 

la contemplation du vrai-soi mène au vrai détachement, à la connaissance non-apprise, à la parfaite conscience de la béatitude* et à la Libération.

 

* La parfaite conscience de la béatitude : satçitananda. Jésus disait : « Le Royaume ».

 

 

4.2.32

 

La méditation sur le vrai-soi vous libère du mental et de ses fluctuations*.

 

* fluctuations : vrttis.

 

 

4.2.33

 

S'il y a un vrai-soi c'est qu'il y a un faux soi. Le faux-ego est le nom du faux-soi, né de la nescience et de la confusion qu'elle génère.

 

 

4.2.34

 

Le faux-ego est le soi illusoire, né de la confusion, de la conscience identifiée au mental, à ses pensées, ses émotions, ses connaissances et ses souvenirs.

 

 

4.2.35

 

La souffrance vient de ce que vous vous identifiez à l'illusion.

 

 

4.2.36

 

Le vrai-soi, bien que pur, voit à travers les impressions du mental, fermez les yeux et voyez le vrai-soi.

 

 

4.2.37

 

C'est à l'intention du vrai-soi que la vision existe.

 

 

4.2.38

 

L'expérience de la dualité est nécessaire au but ultime de l'âme : réaliser sa vraie nature et se libérer.

 

 

4.2.39

 

La cause de l'expérience de la dualité est l'ignorance du vrai-soi.

 

 

4.2.40

 

Lorsque cesse l'ignorance, l'attachement à l'illusion n'existe plus et c'est la liberté de l'Unité du vrai-soi et du Tout.

 

 

4.2.41

 

L'ignorance est vaincue par une conscience à la vision juste.

 

 

4.2.42

 

La communion avec le Tout se fait à force d'intériorisation.

 

 

4.2.43

 

Quand les sens ne perçoivent plus les objets de la dualité, ils entrent en harmonie avec l'essence de Tout.

 

 

4.2.44

 

Garde ton esprit fixé sur un point.

 

 

4.2.45

 

Garder cette concentration de façon ininterrompue est la contemplation.

 

 

4.2.46

 

Quand le méditant est indifférant aux pensées, que seul l'objet de la méditation existe, il y a extase.


 

 

4.2.47

 

La conscience du vrai-soi vient de la maîtrise des fluctuations du mental.

 

 

4.2.48

 

La maîtrise vient de la pratique régulière des trois angas de la méditation*.

 

* « Des trois angas de la méditation » : « Dhârana », garder son esprit concentré sur un seul point (l'objet de la méditation. « Dhyana », méditation profonde, quand on ne se fixe plus sur les pensées et que l'objet de la méditation est prépondérant. « Samadhi », contemplation profonde. Certains comptent jusqu'à sept samadhis différents, le plus profond étant le : « Nirvikalpa-samadhi » très rare et qui ouvre sur l'éveil.

 

 

4.2.49

 

Par cette maîtrise vient la lumière de la connaissance non-apprise ou vijnana.

 

 

4.2.50

 

L'instauration de la maîtrise se fait étape par étape.

 

Chapitre 4

Les angas de l'agya

 

4.1 : première partie, les Yamas

(devoirs vis-à-vis des autres)

 

Introduction


 


4.1.1

 

Les angas sont le quatrième pilier de La Voie.

 

 

4.1.2

 

L'existence est un chemin*, avec un début et une fin.

 

* Chemin : voie spirituelle, sadhana. Krishna disait « la connaissance », nous parlons de « La Voie », Lao-Tseu disait « tao ». Ce mot était utilisé à la fois pour parler du but, le « Tao »(avec un « C » majuscule), l'Unité ou, comme disait Jésus, du Royaume et pour parler du chemin, qui mène à ce but, la pratique spirituelle (le « tao », avec un « c » minuscule). C'est la raison pour laquelle il est habituel de dire, en parlant de « La Voie », « Qu'elle est en même temps le chemin et le but ».

 

 

4.1.3

 

La vie vous est donné pour une raison qui dépasse vos raisons de vivre. Connaître cette raison et ne pas en tenir compte est le signe que tamas* domine votre nature.

 

* Tamas : un autre des trois gunas, l'obscurité, les ténèbres, l'ignorance, le faux-ego, la lourdeur, l'inertie.

 

 

4.1.4

 

Sachez qu'il n'y a pas que la jouissance du plaisir des sens et de leurs objets. Sachez qu'il vous faut connaître la raison de votre vie et en tenir compte. Cette conscience et sa prise en compte, est le signe que sattva* domine votre nature.

 

* Sattva : un des trois gunas, l'harmonie, la lumière et la vérité.

 

 

4.1.5

 

La paix vient pour celui qui se plie à ses devoirs.

 

 

4.1.6

 

Assume tes devoirs, sans chercher à les fuir et sans être lié ni par le succès ni par l’échec, c'est ta liberté.

 

 

4.1.7

 

Les êtres vivent grâce à la nourriture qui dépend des pluies et les pluies coulent par la Grâce. La conscience de la Grâce vient aux Hommes qui s’acquittent de leurs devoirs

 

 

4.1.8

 

Les devoirs sont donnés par la connaissance* et la connaissance vient de la conscience de l'Unité.

 

* La connaissance : non-apprise ou vijnana.

 

 

4.1.9

 

En accomplissant son devoir l'ignorant* s'attache aux fruits de son labeur. L'initié, pratiquant la vraie voie ; agit lui aussi, mais sans attachements, dans le seul but de rester sur La Voie juste.

 

* L'ignorant : celui qui n'a pas la connaissance (non-apprise), qui n'a pas eu la Révélation et qui ne peut pas pratiquer le non-agir (service).

 

 

4.1.10

 

Celui qui remplit son devoir, en observant une juste sadhana, libéré de ses désirs, celui-là se libère des chaînes des conséquences*.

 

* « Chaînes des conséquences » : le karma.

 

 

4.1.11

 

Mieux vaut s'acquitter de son devoir propre, même de manière imparfaite, que d'assumer celui d'un autre, même pour l'accomplir parfaitement.

 

 

4.1.12

 

Marche sur les traces des anciens et remplis ton devoir en conscience de l'Unité*.

 

* « En conscience de l'Unité » : ici on parle du service, un des piliers de l'agya, qui est le « non-agir » du « Tao-Te-King »n et le « service de dévotion », « ou l'abandon du fruit de ses actes » du chant de l'éveillé, ou Bhagavad-Gîtâ ce qui consiste à pratiquer la technique dite « du Saint-Nom », tout en s'occupant de ses affaires, tout au long de la journée.

 

 

4.1.13

 

De même que l'eau ne mouille pas les feuilles de lotus, l'action n'affecte pas celui qui s'acquitte de ses devoirs en restant conscient de l'Unité.

 

 

4.1.13

 

Béni celui qui s'acquitte de ses devoirs, détaché des fruits de ses actes et non celui qui ne fait rien.

 

 

4.1.14

 

Ce qu'est ton devoir et ce qu'il n'est pas, sache donc le déterminer à la lumière de la connaissance*, par elle agis de manière à approfondir ta conscience de l'Unité.

 

* La connaissance : ce mot signifie ici, non pas la pratique mais cette connaissance intime (vijnana) de l'harmonie fondamentale du Saint-Nom.

 

 

 

Ahimsa : ne pas nuire


 


 

4.1.15

La violence exprimée, sans raison, contre autrui, montre la domination de l'être par tamas*, siège de la paresse, des ténèbres et de l'ignorance.

 

* Tamas : un des trois gunas, l'obscurité, les ténèbres, l'ignorance, la confusion, le faux-ego, l'inertie, la lourdeur, la passivité, la paresse.

 

 

4.1.16

 

«Ahimsà* » est le respect de la vie. Fruit de la lumière et de la vérité, il favorise la parfaite conscience de la béatitude*.

 

* Ahimsà : c'est le fait de ne causer aucune nuisance. C'est aussi la non-violence et la bienveillance.

* « La parfaite conscience de la béatitude » : satçitananda. Jésus donnait, à cet état de conscience, le nom de « Royaume ».

 

 

4.1.17

 

Si un innocent est injustement la victime de violences et que vous êtes en mesure de le défendre, faites-le, même en usant de la force si nécessaire, laissant ainsi rajas* prendre le dessus de votre nature. Cette force est alors légitime.

 

* Rajas : un des trois gunas correspondant à la passion, à la force, à l'énergie, au désir, à la nature animale. C'est le rôle de rajas, justement, d’œuvrer quand l'énergie et la force sont nécessaires.

 

 

4.1.18

 

La violence peut aussi être dans les paroles que l'on dit et dans la négligence, l'injustice, la trop grande sévérité vis-à-vis d'autrui. Le sage traite tout le monde de la même façon, non pas selon le mérite de chacun, mais comme son devoir lui impose de faire. Il ne fait pas de reproches inutiles, préférant l'encouragement à l'expression de vérités blessantes.

 

 

4.1.19

 

Le sage, fermement installé dans l'harmonie du Saint-Nom, renonce à répondre à l'agressivité, sauf s'il en va de sa sécurité ou de celle d'une victime.

 

 

4.1.20

 

Le sage préfère la bienveillance à ses propres concepts et avis. Il ne cherchera pas à prouver la valeur de ses arguments au prix de violences faites à autrui.

 

 

4.1.21

 

La rancune, le ressentiment et la vengeance montrent que votre nature est soumise à tamas, où sont les ténèbres et l'ignorance.

 

 

4.1.22

 

L'absence d'arrogance, l'humilité, la modestie et la prudence calment rajas* et favorisent sattva*, où sont la lumière et la connaissance.

 

* Rajas : un des trois gunas, l'animalité, la passion et la force.

* Sattva : un autre des trois gunas, où règnent la lumière, la connaissance, la spiritualité.

 

 

4.1.23

 

Observer la sadhana* de la connaissance, suivre l'enseignement de son maître et respecter tous ceux qui sont au-dessus de nous, tels le père et la mère ; privilégier la pureté*, la simplicité, la tempérance et la non-violence, voilà ce qu'on appelle l'Observance.

 

* Observer la sadhana : c'est le fait de suivre assidûment les différentes pratiques et règles morales qui font une voie spirituelle.

* La pureté : ici ce mot est employé pour parler de l'activité sexuelle, c'est un appel à la tempérance pour tous et à la chasteté pour certains.

 

 

4.1.24

 

Un acte accompli dans l'inconscience et l'égarement, sans considérer ses conséquences, qui fait violence à autrui ou qui s'avère irréaliste, cet acte relève des ténèbres de l'ignorance*.

 

* L'ignorance : actes influencés par le guna tamas.

 

 

4.1.25

 

Parler vrai, avec bienveillance*, éviter les mots blessants, ainsi que méditer sur le son qui se répète*, telles sont les règles pour ce qui est de la parole.

 

* Bienveillance : la bienveillance est une des vertus de l'Ahimsa, la non-violence.

* « Le son qui se répète » : Tat Japah (tadarthabhavanam). Dans le yogasûtra, livre premier, aphorisme 28, il est question de ce « son qui se répète ». En général la traduction de « tat Japah » est « répéter, psalmodier ce son » ou « psalmodier le Ôm », or cet aphorisme devrait se traduire ainsi : «  La méditation sur ce son qui se répète est la méditation sur Ishvara » Ou Saint-Nom (c'est le son qui se répète et qui n'est pas un mantra).

 

 

4.1.26

 

Les obstacles à la Libération, comme les actes violents, peuvent être volontaires ou non, motivés par la colère ou l'intérêt personnel. Petits ou grands, ils mènent sans faillir A la souffrance de l'ignorance. Pour surmonter ces obstacles il faut se tourner vers l'intérieur où ils sont impossibles.

 

 

 

Satya : ne pas mentir, la réalité


 


4.1.27

 

Que la véracité* soit le guide de vos propos, mais que jamais elle ne passe avant la bienveillance. La véracité ne s'exprime jamais au détriment de la paix et de la bienveillance.

 

* La véracité : « satya » (ce qui conduit vers « sat », la perfection de la vérité). « Satya » est une des cinq observances morales de « yama », le contrôle de soi, premier « anga » (membre) de « l'agya ».

 

 

4.1.28

 

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Avant de parler, pensez à l'autre et au mal que vos propos peuvent lui faire. Le mal que l'on fait n'est jamais un bien.

 

 

4.1.29

 

Le sage admoneste sans blesser, conseille sans vexer, redresse sans contraindre, éclaire sans éblouir.

 

 

4.1.30

 

Le dévot qui garde sa conscience en vérité ne peut mentir. S'il ment quand même il ne pourra rester dans la conscience de la béatitude.

 

 

4.1.31

 

Mieux vaut le silence que le mensonge.

 

 

4.1.32

 

Ne pas dire la vérité n'est pas mentir si la vérité est cause de souffrance pour un innocent. L'ahimsà prend toujours le pas sur satya.

 

 

4.1.33

 

La véracité n'est pas la vérité. La véracité est le contraire de la fausseté, de l’inexactitude, mais la vérité n'est pas le contraire du mensonge. La vérité est l'Unité, créatrice de toutes choses et satya n'est pas la vérité, mais la véracité, l'honnêteté qui mènent à la perfection. La bienveillance prime sur la véracité.

 

 

 

Asteya : ne pas voler, l'intégrité

 

 

 

4.1.34

 

Ne vous appropriez jamais ce qui appartient à autrui. Donnez à ceux qui en ont besoin ce qui vous appartient et qui ne vous sert pas.

 

« Asteya » ou « absence de vol », correspond plus au fait de maîtriser ses désirs, ses besoins afin de se contenter du nécessaire, laissant ainsi aux autres de quoi satisfaire leurs besoins. Asteya peut aussi s'associer à « samtosa », (une des cinq vertus de niyama, le second anga de La Voie) qui est la modération, le contentement de peu et la satisfaction.

 

 

4.1.35

 

L'intégrité est une vertus de celui qui est sur la voie de la réalisation-spirituelle.

 

 

4.1.36

 

L'intégrité et un devoir vis-à-vis des autres et de soi.

 

 

4.1.37

 

L'intégrité est aussi l'absence de mauvaises intentions.

 

 

4.1.38

 

Ce que vous possédez en trop a été volé à ceux qui n'ont pas assez.

 

 

4.1.39

 

Les désirs sans freins mènent à posséder plus que nécessaire et à voler le nécessaire à ceux qui n'ont pas assez pour vivre.

 

 

4.1.40

 

Si vous n'avez pas besoin de quelque chose, donnez-le à celui qui en a besoin, le garder serait un vol.

 

 

4.1.41

 

C'est ainsi que le sage peut garder le contrôle du désir, condition de la Réalisation.

 

 

4.1.42

 

Ne confondez pas le besoin et le désir. Le besoin est légitime et doit-être satisfait.

 

 

4.1.43

 

Ne confondez pas le plaisir et le désir. Si vous avez faim, il y a plaisir à manger et ce plaisir est légitime, mais si vous désirez la succulence d'un met dont vous n'avez pas besoin, le plaisir de le manger ne sera pas légitime.

 

 

4.1.44

 

Le plaisir est une chose agréable, ni bonne ni mauvaise, mais le désir, sans besoin, est un obstacle à l'accomplissement de votre vie.

 

 

 

Brahmacharya : vie pure

 


 

 

4.1.45

 

Soyez sobre* dans vos relations aux autres, restez maître de vous.

 

* Sobre : la sobriété est « samtosa », une des cinq vertus de niyama.

 

 

4.1.46

 

Aller méditer avec, au cœur, une rancune, un ressentiment contre quelqu'un, c'est ajouter à la porte du Royaume, une serrure fermée par une clé est perdue.

 

 

4.1.47

 

La colère mène à la confusion où la conscience se perd.

 

 

4.1.48

 

La frugalité* vient de sattva. Si rajas domine votre nature, travaillez à réduire vos désirs de nourriture, d'alcool, de sucre et de tabac. L’excès éloigne la conscience de l'harmonie.

 

* Frugalité : samtosa (ou la modération, le contentement de peu, la satisfaction, la sérénité) est une des cinq vertus du deuxième anga (niyama), sur La Voie vers la réalisation et la Libération (moksha).

 

 

4.1.49

 

Pour certains, il est nécessaire de réduire l'union charnelle, qu'elle ne prenne pas plus de temps que l'Observance des vertus spirituelles, sur le chemin de la Libération. Pour d'autres, cette union charnelle et ses plaisirs seront proscrits. L'abstinence est une force alliée, dans la Réalisation, mais elle doit toujours être librement consentie.

 

 

4.1.50

 

Dominer le désir d'union charnelle est facile au début, mais peut devenir difficile avec le temps. Cette ascèse, librement consentie, apprend le Samyama, la maîtrise nécessaire en méditation. Sans elle, la méditation n'ira pas au delà de dhyana.

 

 

4.1.51

 

Sachez que la plupart des choses qui procurent beaucoup de plaisir sont la plupart du temps porteuses de souffrances, tant pour le corps que pour l'esprit. Voyez pour le sucre, la viande, le gras, les substances excitantes, le chocolat, l'alcool, l'ail.

 

 

4.1.52

 

L'Un est de tous les êtres la semence première, la force exempte de désir et de passion. Il est l'Union charnelle qui n'éloigne pas la conscience de l'Unité.

 

 

 

Aparigraha : la non-avidité

 

 

 

4.1.53

 

Quand vous faites les choses pour autrui, oubliez-vous. Le désintéressement* est le propre de sattva, l'allié de la Réalisation.

 

* Le désintéressement : « Aparigraha », renoncement à la fortune, vœux de pauvreté, absence de convoitise, d'avarice. C'est un des cinq vœux majeurs, un « Mahavrata », de toute spiritualité donnant de l'importance au détachement.

 

 

4.1.54

 

L'altruisme, le désintéressement conviennent et favorisent sattva* dans votre nature

 

* Sattva : le guna de la connaissance (vijnana), de la lumière, de l'harmonie, de la vérité.

 

 

4.1.55

 

Le désintéressement est la graine du détachement. Le détachement est la graine du « non-agir », un des piliers fondamentaux de l'agya*.

 

* Agya : nom donné à la sadhana de La Voie. Une sadhana est l'ensemble de « ce-qu'il-faut-faire », des pratiques d'une voie spirituelle.

 

 

4.1.56

 

Le désintéressement sans la pratique du Saint-Nom* est vain.

 

* La pratique du Saint-Nom : c'est une des quatre techniques de méditation de La Voie, enseignée au cours de la Révélation, qui permet de pratiquer tout en vaquant à ses occupation. C'est l'essence même du « service » ou « non-agir ».

 


 

4.2 : deuxième partie, les niyamas

(Devoirs vis-à-vis de soi)

Sauca : pureté, propreté, honnêteté


 


4.2.1

 

La pureté du corps et de l'esprit développe le détachement vis-à-vis de son propre corps et vis-à-vis de celui des autres

 

 

4.2.2

 

Quand le corps est nettoyé, l'esprit purifié et les sens contrôlés, vient la conscience joyeuse nécessaire à la pleine réalisation.

 

 

4.2.3

 

Vous soigner est la base du respect que vous devez au créateur. Le corps est son temple ; avec l'esprit il permet l'Observance.

 

 

4.2.4

 

Satisfaire tes besoins est un dharma*.

 

* Dharma : sur La Voie, ce mot signifie « devoir-sacré ».

 

 

4.2.5

 

Prendre soin de la santé du corps est un devoir sacré. Mettez en avant la sobriété, la bonne humeur, la sérénité, la détermination et l'ardeur dans l'Observance.

 

 

4.2.6

 

Quand vous le pouvez, veillez à l'hygiène du corps. Une bonne santé donne de l'enthousiasme. La propreté est une des cinq vertus de niyama*.

 

* Niyama : second « anga » de La Voie vers la Réalisation, la Libération, correspondant à la maîtrise de ses désirs, à l'autodiscipline, à l'Observance, à la pratique et à la modération en tout.

 

 

4.2.7

 

L'intégrité est une condition de la vérité et participe de sattva*.

 

* Sattva : un des trois gunas, c'est à dire propriété dont l'interaction produit toutes les formes de la création émanant de la Nature-Originelle (Prakrti).

 

 

4.2.8

 

Ne vous appropriez jamais ce qui appartient à autrui.

 

« Asteya » ou « absence de vol », correspond plus au fait de maîtriser ses désirs, ses besoins afin de se contenter du nécessaire, laissant ainsi aux autres de quoi satisfaire leurs besoins. Asteya peut aussi s'associer à « samtosa », (une des cinq vertus de niyama, le second anga de La Voie) qui est la modération, le contentement de peu et la satisfaction.

 

 

Samtosa :

modération, contentement, sobriété

 

 

 

4.2.9

 

L'action ne vous affecte pas, quand vous vous acquittez de vos devoirs en gardant votre conscience dans l'harmonie de l'Unité*.

 

* « En gardant votre conscience dans l'harmonie de l'Unité » : en restant dans le « service », ou le « non-agir » (pour Lao-Tseu). Le service est un des quatre piliers de la sadhana de La Voie (l'agya). Rester dans le service signifie pratiquer une technique de méditation particulière (le Saint-Nom), tout en vaquant à ses obligations, devoirs et occupations ce qui favorise la sérénité et la satisfaction.

 

 

4.2.10

 

Donnez à ceux qui en ont besoin ce qui vous appartient et qui ne vous sert pas.

 

 

4.2.11

 

Le jeu d'argent ne favorise pas la réalisation spirituelle. Il est une manifestation de rajas et vous éloigne de la vérité.

 

 

4.2.12

 

Ne laissez pas votre esprit sous l'emprise irrépressible du désir devenu besoin, comme pour ces substances qui prennent l'ascendant sur votre volonté.

 

 

4.2.13

 

Le plaisir n'est pas une mauvaise chose, c'est le désir qui doit être maîtrisé*.

 

* « Maîtrisé » : cette maîtrise est favorisée par « tapas », la force d'âme

 

 

 

Tapas : Observance, ascèse, simplicité

 


 

4.2.14

 

L'indiscipline est un des obstacles sur La Voie vers la réalisation.

 

 

4.2.15

 

Niyama* est une des étapes sur La Voie de Satçitananda*.

 

* Satçitananda : parfaite conscience de la béatitude.

* Niyama : autodiscipline.

 

 

4.2.16

 

Le dharma est prescrit par la connaissance* et la connaissance est directement issue de l'Unité.

 

* La connaissance : ici, ce mot désigne en même temps le principe-divin, la force divine en action (le Saint-Nom) et la pratique-spirituelle, avec son agya (sadhana).

 

 

4.2.17

 

Celui qui ne remplit pas son devoir et qui n'observe pas l'agya, commet une faute, car il existe en vain.

 

 

4.2.18

 

Remplir ses devoirs, observer les piliers de l'agya n'a de sens que si l'esprit reste attaché au Saint-Nom*, se référant à lui du lever au coucher*.

 

* Saint-Nom : en même temps force d'Ishvara et technique de méditation.

* « Se référant à lui du lever au coucher » : pratiquer la technique.

 

 

4.2.19

 

Le non-agir n'est pas le rien faire, c'est agir en gardant la conscience du Saint-Nom. Le sage sait que seule la Grâce ouvre les portes du Royaume, mais durant l'incarnation, il y a des obligations qui doivent être remplies comme il le faut et quand il le faut. Soyez déterminé*.

 

* Déterminé : la détermination est une des cinq vertus (tapas) qui favorisent niyama.

 

 

4.2.20

 

Plus votre soif de paix et de vérité sera grande et plus vous serez abreuvé. Votre ardeur à pratiquer montre combien votre soif est grande.

 

 

4.2.21

 

Sattviques sont la raison, la joie et l'amour. La pulsion vient de rajas. La paresse, la faiblesse et l'attachement sont de tamas. Ne laissez pas la pulsion, la paresse, la faiblesse et l'attachement prendre le dessus de votre nature. La raison devrait toujours guider vos paroles et vos actes.

 

 

4.2.22

 

L'attachement réside avec le plaisir.

 

 

4.2.23

 

Souriez même si vous n'avez pas de raison de sourire. La lumière de votre sourire éclaire ceux qui vous entourent. La bonne humeur est un nectar de longue vie et de bonne santé.

 

 

4.2.24

 

Ne laissez pas le mental sans maître. Les pensées, les émotions en liberté peuvent vous faire oublier le Saint-Nom et vous plonger dans l'obscurité, la tristesse et la peur. Pratiquez le Saint-Nom autant que possible, il gomme les pensées et les émotions au fur et à mesure qu'elles viennent.

 

 

4.2.25

 

Respecter vos devoirs montre que sattva* domine votre nature.

 

* Sattva : un des trois gunas qui font la nature-originelle de l'Homme (la Prakrti) et influencent ses actes. C'est le guna de l'harmonie, de la lumière et de la vérité.

 

 

4.2.26

 

Refuser de remplir un devoir*, parce qu'il est pénible, montre que rajas* domine votre nature.

 

* Devoir : « yama », le premier « anga » sur La Voie.

* Rajas : un autre des trois gunas qui influencent la nature des Hommes, ici il s'agit de celui de l'énergie, de la force, du désir, des passions, des instincts et de l'animalité.

 

 

4.2.27

 

Vous êtes sage de remplir vos devoirs avant tout, sans penser au succès ni à l'échec. Ainsi est La Voie.

 

 

4.2.28

 

Il y a les devoirs vis-à-vis des autres et ceux vis-à-vis de soi, aucun n'est à négliger.

 

 

4.2.29

 

Si vous êtes attaqué avec violence par un être sous l'influence de tamas, usez de la force* pour vous défendre. Se protéger est un devoir.

 

* La force : attribut de rajas, un des trois gunas.

 

 

4.2.30

 

 

Par l'autodiscipline les impuretés sont écartées et le corps, ses sens, fonctionnent parfaitement aidant ainsi à la Réalisation.

 

 

Svâdhyâya :

connaissance de soi


 


4.2.31

 

la contemplation du vrai-soi mène au vrai détachement, à la connaissance non-apprise, à la parfaite conscience de la béatitude* et à la Libération.

 

* La parfaite conscience de la béatitude : satçitananda. Jésus disait : « Le Royaume ».

 

 

4.2.32

 

La méditation sur le vrai-soi vous libère du mental et de ses fluctuations*.

 

* fluctuations : vrttis.

 

 

4.2.33

 

S'il y a un vrai-soi c'est qu'il y a un faux soi. Le faux-ego est le nom du faux-soi, né de la nescience et de la confusion qu'elle génère.

 

 

4.2.34

 

Le faux-ego est le soi illusoire, né de la confusion, de la conscience identifiée au mental, à ses pensées, ses émotions, ses connaissances et ses souvenirs.

 

 

4.2.35

 

La souffrance vient de ce que vous vous identifiez à l'illusion.

 

 

4.2.36

 

Le vrai-soi, bien que pur, voit à travers les impressions du mental, fermez les yeux et voyez le vrai-soi.

 

 

4.2.37

 

C'est à l'intention du vrai-soi que la vision existe.

 

 

4.2.38

 

L'expérience de la dualité est nécessaire au but ultime de l'âme : réaliser sa vraie nature et se libérer.

 

 

4.2.39

 

La cause de l'expérience de la dualité est l'ignorance du vrai-soi.

 

 

4.2.40

 

Lorsque cesse l'ignorance, l'attachement à l'illusion n'existe plus et c'est la liberté de l'Unité du vrai-soi et du Tout.

 

 

4.2.41

 

L'ignorance est vaincue par une conscience à la vision juste.

 

 

4.2.42

 

La communion avec le Tout se fait à force d'intériorisation.

 

 

4.2.43

 

Quand les sens ne perçoivent plus les objets de la dualité, ils entrent en harmonie avec l'essence de Tout.

 

 

4.2.44

 

Garde ton esprit fixé sur un point.

 

 

4.2.45

 

Garder cette concentration de façon ininterrompue est la contemplation.

 

 

4.2.46

 

Quand le méditant est indifférent aux pensées, que seul l'objet de la méditation existe, il y a extase.

 

 

4.2.47

 

La conscience du vrai-soi vient de la maîtrise des fluctuations du mental.

 

 

4.2.48

 

La maîtrise vient de la pratique régulière des trois angas de la méditation*.

 

* « Des trois angas de la méditation » : « Dhârana », garder son esprit concentré sur un seul point (l'objet de la méditation. « Dhyana », méditation profonde, quand on ne se fixe plus sur les pensées et que l'objet de la méditation est prépondérant. « Samadhi », contemplation profonde. Certains comptent jusqu'à sept samadhis différents, le plus profond étant le : « Nirvikalpa-samadhi » très rare et qui ouvre sur l'éveil.

 

 

4.2.49

 

Par cette maîtrise vient la lumière de la connaissance non-apprise ou vijnana.

 

 

4.2.50

 

L'instauration de la maîtrise se fait étape par étape.

 

Chapitre 5

5.1 : Ishvara pranidhàna

(la soif de vérité et bhakti)


 


5.1.1

 

Bhakti est un don de la Grâce.

 

 

5.1.2

 

La Grâce t'apparaît dans l'Observance*.

 

* L'Observance : c'est le fait de pratiquer, avec assiduité, la sadhana.

 

 

5.1.3

 

La Grâce aime l'humilité.

 

 

5.1.4

 

La dévotion pour le Seigneur a le pouvoir de conduire à l'extase parfaite

 

 

5.1.5

 

Seule la dévotion permet d'atteindre ce Royaume. Bien que le Seigneur ne quitte jamais Son Royaume, il est en toute chose, et tout en Lui repose.

 

 

5.1.6

 

La première des dévotion est l'Observance régulière de la sadhana*.

 

* Sadhana : mot sanskrit signifiant « ce qu'il faut faire ». Ensemble des pratiques d'une voie spirituelle.

 

 

5.1.7

 

La dévotion n'est pas un sentiment, c'est une pratique faite avec l'intention de rendre au Seigneur l'amour qu'il nous donne.

 

 

5.1.8

 

La vérité absolue constitue le but des pratiques dévotionnelles faites en conscience du Saint-Nom*, en harmonie avec l'Absolu, la Personne-Suprême*.

 

* Saint-Nom : en même temps l'énergie créatrice du Tout, ce que Lao-Tseu nommait la « vertu-du-Tao » et technique de méditation ou « son qui se répète ».

* la Personne-Suprême : Ishvara, Dieu ; le Tout, l'Unité, le Tao (pour Lao-Tseu).

 

 

5.1.9

 

Cherche à connaître la vérité en approchant un maître-éveillé.

 

 

5.1.10

 

Parmi des milliers d'hommes un seul, peut-être, cherchera la perfection* et parmi ceux qui la trouvent, rare celui qui connaît la vérité.

 

* La perfection : cette perfection est celle du Tout, de l'Unité.

 

 

5.1.11

 

Ceux qui ont des oreilles pour l'entendre, entendent la vérité dans l'enseignement de l'éveillé.

 

 

5.1.12

 

Les ignorants se vouent à l'illusion et n'en tirent que de brèves et illusoires satisfactions. L'initié, pratiquant la vraie voie, atteint la parfaite conscience de la béatitude. Les ignorants, ne connaissant pas l'Unité. Ils croient qu'elle est dans les objets de leurs cultes. Leur ignorance les empêche de connaître la vérité.

 

 

5.1.13

 

La motivation des actes de celui qui est dans la vérité est la vérité.

 

 

5.1.14

 

Celui qui connaît la nature de la vérité absolue ne se préoccupe pas des sens et de leurs plaisirs, car il sait la différence entre l'acte intéressé et l'acte fait dans le détachement et la dédication.

 

 

5.1.15

 

Les initiés, pratiquant la vraie voie, qui connaissent parfaitement cette vérité, la servent et l'adorent.

 

 

5.1.16

 

Après avoir compris la nature des joies et des peines, l'initié, pratiquant la vraie voie, conclut à la permanence de la vérité et à l’impermanence de l’illusion.

 

 

5.1.17

 

Au plus haut degré, la juste vue, un constant détachement, le discernement engendrent la fusion dans la vérité sans nuage.

 

 

5.1.18

 

La vérité-suprême est au-dedans, comme au-dehors*, dans le mobile comme dans l'immobile ; elle dépasse le pouvoir de perception de l'entendement, lié aux sens matériels. Infiniment lointaine, elle est aussi très proche.

 

* « La vérité-suprême est au-dedans, comme au-dehors » : Jésus a dit la même chose, sauf qu'il ne disait pas « la vérité-suprême » mais « le Royaume ». « Sils vous disent ceux qui vous attirent voici le royaume est dans le ciel alors les oiseaux du ciel vous devanceront s’ils vous disent il est dans la mer alors les poissons vous devanceront mais le Royaume est à l’intérieur de vous et il est l’extérieur de vous ».

 

 

5.1.19

 

Le son qui se répète*, depuis les origines de la création, est la manifestation de la vérité Suprême et Absolue. Pour l'accomplissement de leur destinée spirituelle, les dévots l'écoutent sans discontinuer*.

 

* « Le son qui se répète » : le Satnam, ou Saint-Nom, ou Verbe.

* « L'écoutent sans discontinuer » : cette écoute continue est possible grâce à une technique dédiée, cette technique est dite du « Saint-Nom », est une des quatre techniques révélées sur La Voie. Le fait de pratiquer cette technique dans l'action est le « service » ou, pour Lao-Tseu, le « non-agir ».

 

 

5.1.20

 

La vérité absolue constitue le but des pratiques dévotionnelles faites en conscience du Saint-Nom*, en harmonie avec l'Absolu, la Personne-Suprême*.

 

* Saint-Nom : en même temps l'énergie créatrice du Tout, ce que Lao-Tseu nommait la « vertu-du-Tao » et technique de méditation ou « son qui se répète ».

* « La Personne-Suprême » : Ishvara ; Dieu, le Tout, l'Unité, le Tao (pour Lao-Tseu).

 

 

5.1.21

 

Si tu choisis la vérité, emplis toujours ton mental du Saint-Nom et aime-le, alors, à elle tu viendras.

 

 

2.1.22

 

Quand on voit, dans tous actes, que rien n'échappe aux trois gunas*, mais que le Saint-Nom les transcende, alors on peut connaître la vérité.

 

* Trois gunas : Sattva, Rajas et Tamas: sont les trois gunas, catégories, qualités dont l'interaction produit les différentes sortes d'êtres vivants et qui, en l’occurrence, influent sur la sorte de foi qui anime les Hommes (les ordres de la foi).

 

 

5.1.23

 

Celui, en vérité, qui connaît la gloire et la puissance de l'Un, le sert avec une dévotion pure et sans partage ; c'est là un fait certain.

 

 

5.1.24

 

Quiconque est sur la bonne voie, avec dévotion, voit ses péchés, même les pires, pardonnés et trouve la paix éternelle.

 

 

5.1.25

 

Que l'on offre, avec amour et dévotion, une chose simple, comme une feuille, une fleur, un fruit, de l'eau et cette offrande, aussi simple soit-elle, sera acceptée.

 

 

5.1.26

 

Chantant la gloire du Seigneur, en pranam*, déterminés dans leurs pratiques, les belles âmes n'ont qu'amour et dévotion. Cultivant la connaissance, ils adorent l'Unité, en eux, comme contenue dans la diversité des êtres et des choses.

 

* Pranam : prosternation.

 

 

5.1.27

 

Ceux qui toujours servent et adorent, avec amour et dévotion, le Tout reçoivent sa Grâce* par laquelle ils pourront venir à Lui.

 

* Reçoivent sa Grâce : la Grâce coule tout le temps, comme l'eau d'une source, mais certains y boivent, d'autres non. Recevoir sa Grâce signifie en prendre conscience et ainsi aller en son sens.

 

 

5.1.28

 

Celui qui envers l'ami, ou l'ennemi, devant la gloire ou l'opprobre, la chaleur ou le froid, les joies ou les peines, l'éloge ou le blâme se montre égal , qui toujours est libre de toute souillure, silencieux, satisfait de tout, insouciant du gîte, et qui, établi dans la connaissance*, reste dans le service, avec amour et dévotion, celui-là est l'ami de l'être-suprême*.

 

* Établi dans la connaissance : ici le mot « connaissance » est à prendre dans le sens de la sadhana. C'est le nom donné à la pratique, au chemin spirituel, par celui que l'on surnommait le krishna (ou le noir), un éveillé à l'origine du « Chant de l'éveillé », ou bhagavad-Gîtâ. Établi dans l'Observance de l'agya (la sadhana), signifie qui est réalisé.

* L'être-suprême : Ishvara.

 

 

5.1.29

 

Les Hommes qui, sur une voie de bhakti*, n'ont pas la connaissance* ne peuvent se libérer, ils reviennent naître et mourir en ce monde.

 

* Bhakti : la dévotion, l'adoration, l'amour intense pour Ishvara, l'être-suprême.

* Connaissance : cette connaissance, ou vijnana, ne s'apprend pas dans les livres, même saints, elle vient de l'intérieur, par la fréquentation assidue de l'harmonie du Tout. C'est aussi le nom que « krishna » donnait à sa pratique spirituelle.

 

 

5.1.30

 

Celui qui attache son mental sur la forme originelle du Seigneur* et qui s'engage toujours sur la voie de Bhakti, plein d'un zèle spirituel ardent, celui-là est réalisé.

 

* « La forme originelle du Seigneur » : cette forme peut se manifester à nos « sens-intérieurs » sous diverses formes perceptibles en méditation-profonde, comme la lumière (intérieure), des sons ou le Saint-Nom.

 

 

5.1.31

 

L'Homme absorbé dans l'Unité est déjà du Royaume. Ses actes sont service et participent de l'absolue vérité.

 

 

5.1.32

 

Celui qui pratique le détachement, mais qui ne sert pas avec amour et dévotion, ne trouvera pas le vrai bonheur.

 

 

5.1.33

 

Mais ceux ont une vraie dévotion pour l'Un, qui méditent sur sa forme absolue, voient comblés leurs manques et préservé ce qu'ils possèdent.

 

 

5.1.34

 

Par le service, la dévotion l'initié reste en L'Un, visant la Libération il s'élève dans la connaissance*.

 

* Connaissance : connaissance non-apprise, ou vijnana.

 

 

5.1.35

 

Celui qui dans le Saint-Nom, vouant son corps au service avec dévotion, est proche du Seigneur.

 

 

5.1.36

 

Le Seigneur n'envie, ne favorise personne, envers tous il est impartial. Mais quiconque le sert avec dévotion vit en Lui, comme s'il était son ami.

 

 

5.1.37

 

À travers le service de dévotion, et seulement ainsi, on peut connaître le Brahman-Suprême et l’être qui, par une telle dévotion, devient pleinement conscient de la béatitude, peut connaître le Royaume-absolu*.

 

* Royaume-absolu : Satçitananda ou la parfaite conscience de la béatitude.

 

 

5.1.38

 

Celui qui a réalisé la connaissance réalise du même coup le Brahman-Suprême*, et y trouve une joie infinie. Jamais il ne s’afflige, jamais il n’aspire à quoi que ce soit ; il se montre égal envers tous les êtres. Celui-là est dans une parfaite dévotion.

 

* Le Brahman-Suprême : c'est évidemment Ishvara, l'être-suprême ou, pour Lao-Tseu, le Tao.

 

 

5.1.39

 

Celui qui, libre de doute, reconnaît L'Un comprend tout, c'est pourquoi de tout son être il le sert avec amour et dévotion.

 

 

5.1.40

 

L'être connaît l'extase* lorsqu'il oublie le mental et se donne. Alors il goûte un bonheur spirituel infini. Cette perfection atteinte, l'âme sait que rien n'est plus précieux, aussi ne s'écarte-t-elle plus, désormais, de la vérité, mais y demeure imperturbable, même au cœur des pires difficultés. Telle est la vraie libération de toutes les souffrances*.

 

* L'extase : le samadhi, quand la conscience individuelle se fond dans l'Unité sans césure.

* « Toutes les souffrances » : ce qui n'est pas la Libération du cycle des renaissances, but ultime de toute voie spirituelle authentique. Il est à remarquer que le mot « yoga », avant Adi Shankara (un sage errant du huitième siècle de notre ère) signifiait « liberté », « libération » et « repos ». La libération, dont il est question ici, est quand on se libère des fluctuations du mental (vrttis). Ce sont ces fluctuations qui génèrent la souffrance.

 

 

5.1.41

 

Qui connaît le Saint-Nom, source de tout, réceptacle de la dévotion, peut même à l'instant de mourir, le saisir et le connaître encore.

 

 

5.1.42

 

Qui, à l'instant de la mort, reste attaché au Saint-Nom, les yeux fermés, regard fixé entre les sourcils*, avec la dévotion la plus profonde, celui-là ira certes à l'Unité parfaite.

 

* « Regard fixé entre les sourcils » : cette préconisation est de coutume dans les enseignements spirituels traditionnels en Inde, comme dans la « Gheranda-Samhita », section des mudras, dans la description d'une technique, « Shambavi-Mudra », au verset 59 : « Dirigez votre regard vers un point situé au centre de la ligne des sourcils et méditez sur votre soi ». Cette technique est une des plus puissantes des écritures tantriques. Cette description n'est pas un mode d'emploi, juste une évocation. Les techniques sont révélées de bouche à oreille de dévots.


 


 


 

FIN

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